Depuis le 18 juillet 2026, un arrêté vient de rebattre les cartes sur la fiscalité des pompes à chaleur. Beaucoup de propriétaires de l’ouest lyonnais nous appellent en ce moment avec la même question. « Ma PAC est-elle concernée par la TVA à 5,5 % ? ». La réponse dépend d’un détail que trop d’articles passent sous silence. Il s’agit du type de pompe à chaleur que vous envisagez d’installer.
Chez Be&Co, on installe et on conseille sur ces équipements au quotidien, à L’Arbresle et dans les communes voisines. Voici ce qu’il faut vraiment retenir de cette évolution réglementaire, sans jargon inutile.
Un changement qui concerne surtout les PAC air/air
Première chose à clarifier, parce que c’est la source numéro un de confusion. La TVA réduite à 5,5 % n’est pas une nouveauté pour toutes les pompes à chaleur.
Les PAC air/eau et les pompes à chaleur géothermiques (eau/eau, sol/eau, sol/sol) bénéficient déjà de ce taux réduit depuis plusieurs années. Cela, dès lors qu’elles sont installées dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Et dans le cadre de travaux d’amélioration énergétique. Rien ne change pour elles en 2026.
Ce qui est réellement nouveau, c’est l’extension de ce taux réduit aux pompes à chaleur air/air. Jusqu’ici, ces équipements (très demandés pour le confort d’été autant que pour le chauffage) restaient soumis à une TVA à 20 %. Ils étaient considérés par l’administration fiscale comme du confort plutôt que de la rénovation énergétique à part entière. La loi de finances pour 2026, votée en février, avait ouvert la porte à ce changement, mais son application était suspendue à la publication d’un arrêté technique. C’est chose faite depuis le 17 juillet, pour une entrée en vigueur le lendemain.
Quelles pompes à chaleur air/air sont réellement éligibles
Toutes les PAC air/air ne basculent pas automatiquement à 5,5 %. L’arrêté fixe des critères précis, et c’est là que beaucoup de propriétaires risquent la déconvenue s’ils ne vérifient pas avant de signer un devis.
L’équipement doit d’abord être fixe et réversible. Ainsi, exit les climatiseurs mobiles ou les systèmes non permanents. Sur le plan des performances, les exigences diffèrent selon la puissance. Pour une PAC air/air de 12 kW ou moins, il faut viser une classe A++ en chaud comme en froid pour un mono-split, A+ pour un multi-split. Au-delà de 12 kW, les seuils portent sur l’efficacité saisonnière. Cela, avec un minimum de 145 % en mode chauffage et 250 % en mode rafraîchissement.
S’ajoutent deux conditions moins connues. D’abord, le fluide frigorigène utilisé doit être conforme au règlement européen sur les gaz à effet de serre fluorés. Aussi, l’appareil doit pouvoir être piloté à distance via une connexion numérique, pour gérer les plages horaires de température en chauffage comme en refroidissement. Concrètement, si votre modèle n’intègre pas le Wi-Fi de série, l’ajout d’un module dédié devient nécessaire pour ouvrir droit au taux réduit.
Enfin, le logement doit toujours avoir plus de deux ans d’existence. Une condition qui, dans un secteur comme celui de L’Arbresle et de sa région, ne pose généralement pas de difficulté vu l’ancienneté moyenne du bâti.
Vous hésitez entre une PAC air/air et une PAC air/eau pour votre logement ? Prenez rendez-vous avec un conseiller Be&Co pour un diagnostic adapté à votre maison et votre budget.
Ce que ça change concrètement sur votre facture
Le taux réduit ne s’applique pas qu’au matériel. En fait, il couvre l’ensemble de l’opération, c’est-à-dire l’appareil, les accessoires indissociables de la pose et la main-d’œuvre. Sur un projet de PAC air/air facturé par exemple 8 000 € TTC à 20 %, le passage à 5,5 % représente une économie de l’ordre de 800 à 1 000 €, selon les postes exacts du devis. Un écart qui peut faire basculer une décision d’achat, surtout combiné aux autres aides disponibles.
Un point mérite d’être précisé, car il génère beaucoup de malentendus. En effet, la baisse de TVA ne réduit en rien la marge de l’artisan qui réalise les travaux. C’est un allègement fiscal qui bénéficie directement au client final, à condition que le devis soit correctement établi en amont.
TVA réduite et MaPrimeRénov’ : deux logiques différentes
C’est l’un des points les plus mal expliqués sur le sujet. La TVA à 5,5 % et MaPrimeRénov’ sont deux dispositifs distincts, avec des règles propres, et l’un ne conditionne pas l’autre.
La TVA réduite s’applique automatiquement dès lors que le logement et l’équipement respectent les critères évoqués plus haut, quel que soit par ailleurs votre niveau de revenus. MaPrimeRénov’, en revanche, reste soumise à des conditions de ressources et, pour les PAC air/air spécifiquement, elle n’est mobilisable que dans le cadre du parcours accompagné, généralement associé à un bouquet de travaux plus large. Autrement dit, vous pouvez tout à fait bénéficier de la TVA réduite sans être éligible à MaPrimeRénov’, et inversement dans certains cas de figure. Ne pas confondre les deux évite de mauvaises surprises au moment du financement.
Comment s’assurer d’en bénéficier sans mauvaise surprise
Avant le démarrage du chantier, une attestation de TVA doit être remplie et signée, certifiant que les conditions d’application du taux réduit sont bien réunies. Ce document n’est pas une formalité accessoire. C’est en fait lui qui justifie le taux appliqué en cas de contrôle fiscal ultérieur. Cela, aussi bien pour vous que pour l’artisan qui a facturé les travaux.
C’est précisément pour cette raison qu’il vaut mieux passer par un professionnel qui maîtrise ces critères techniques (puissance, classe énergétique, fluide frigorigène, connectivité) plutôt que de les vérifier soi-même sur une fiche produit. Une erreur d’appréciation sur l’éligibilité peut coûter cher, bien au-delà de l’économie initialement espérée.
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Ce qu’il faut retenir avant de se lancer
Cette évolution profite d’abord à ceux qui envisageaient une PAC air/air pour du confort autant que pour du chauffage : le calcul économique devient nettement plus favorable. Pour les projets air/eau ou géothermie, rien ne change, mais autant s’assurer que le devis reflète bien le taux auquel vous avez droit. Dans les deux cas, la vérification des critères techniques en amont, avec un professionnel du secteur, reste la meilleure garantie d’éviter tout redressement ou toute mauvaise surprise sur la facture finale.
FAQ
Toutes les PAC air/air sont-elles automatiquement à 5,5 % de TVA ?
Non. L’équipement doit répondre à des critères précis de performance énergétique, de fluide frigorigène et de connectivité fixés par l’arrêté du 17 juillet 2026. Un modèle mono-split A++ n’entre pas forcément dans les mêmes cases qu’un multi-split.
Puis-je cumuler la TVA à 5,5 % avec MaPrimeRénov’ ?
Cela dépend de votre situation. Les deux dispositifs ont des conditions distinctes, et pour une PAC air/air, MaPrimeRénov’ n’est mobilisable que via le parcours accompagné. Un diagnostic personnalisé permet de savoir ce à quoi vous avez réellement droit.
Mon logement doit-il avoir un âge minimum pour bénéficier du taux réduit ?
Oui, il doit être achevé depuis plus de deux ans. C’est une condition commune à toutes les pompes à chaleur, air/air comme air/eau.
Qui remplit l’attestation de TVA ?
Elle est généralement préparée par l’artisan et signée par le client avant le début des travaux. Elle doit être conservée, car elle justifie le taux appliqué en cas de contrôle.
La TVA réduite s’applique-t-elle aussi à l’entretien de la PAC ?
Non, elle concerne l’installation initiale dans le cadre de travaux de rénovation énergétique. L’entretien courant relève d’un autre régime de TVA.